Revue Grand Seiko SBGJ237 (Général)

posté par renaud (Modérateur) , 23/02/22, 23:35
(Modifié par renaud (Modérateur) le 24/02/22, 00:01)
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Je vous en avais parlé, voici ma dernière acquisition, enjoy!

Un changement de cap, de nouvelles voies, une ouverture sur un autre monde, autant de raisons qui m'ont entraîné à partir dans vers une nouvelle aventure: celle de l'Orient.
Une folle envie de sortir des sentiers battus qui tous me ramenaient au même point, aux mêmes marques et plus particulièrement à Rolex

J'ai follement aimé la marque à la couronne. J'en ai possédé beaucoup, GMT récentes ou anciennes, Daytona, 1665, Explos diverses, AK et Datejust...bref un vrai aventurier horloger. Quel mérite! L'Indiana Jones de l'aiguille Mercedes, le Mike Horn du cyclope. Super héro provincial et fier de l'être avec mes super pouvoirs au poignet. Un Dayto qui ne perd ni prend une seconde par an c'est quand même un signe de bonne facture.
Et puis le temps a usé cette histoire d'amour. Bien que la qualité et la robustesse des Oyster demeurent des critères fondamentaux de choix éclairés, je me suis lassé de cette ligne ostréicole qui finalement toujours se ressemble quelque soit le modèle. La sphère inflationniste de la marque liée au marché gris et sa «rareté» m'ont conduit, l'âge et la maturité aidant, à me pencher sur mon Feng Shui.

Depuis de nombreuses années je consulte à travers les forums et les sites des marques le panel le plus large de ce qui existe sur le marché, sans pour autant passer des heures sur les marques pour lesquelles faute de revendre ma maison je n'aurais pu m'acheter que le bracelet acier de telle ou telle référence. Je l'aime bien ma maison. Dans un spectre allant de 150 à 7/8000€ il y a du choix. Amateur de Seiko depuis longtemps et possesseur de nombre de leurs automatiques abordables, je regardais souvent des petites annonces, quelques présentations de Grand Seiko dont les propriétaires semblaient ravis. Et à chaque fois les mêmes questions revenaient:
«Quand il va la revendre il va perdre un gros paquet de tune par rapport au neuf, bonjour la gamelle!»
«Quand je pense qu'à ce prix il aurait pu se payer une Rolex»
Pendant des années j'ai végété avec cette idée en tête. «Je veux une belle montre sans y laisser des plumes». Et puis le temps a passé, le croisement des informations, des reportages, de la satisfaction de propriétaires a eu raison d'un aspect mercantile conférant parfois plus au panurgisme qu'à un réel choix de coeur. Alors j'ai basculé du côté du Soleil Levant.

Mes critères:
-aspect sportif
-taille mini 42mm
-automatique
-petite complication bienvenue
-étanche au moins 10 ATM
-glace saphir

Donc voici pourquoi j'ai choisi la Grand Seiko SBGJ237. Je n'avais vu cette merveille qu'en vidéo ou en photo, sur des revues, jamais en live. En revanche j'avais déjà essayé sa demi-sœur SBGE001 aux mensurations similaires.
Je passe commande en janvier auprès d'un AD et récupère mon bien il y a 2 semaines. Je reviendrais en fin d'article sur la boutique qui m'a accueilli.

Et voici la suite...

Le première impression de qualité provient de l'imposant cube cartonné protégeant un écrin bleu et gris de superbe facture protégé par une feuille de riz. Il contient outre une montre toutes les documentations utiles: mode d'emploi multi-langue (il ne manque que le martien), carte de garantie de 5 ans, livret indiquant le contenu de cette dernière, et un certificat d'inspection individuel intitulé: «Grand Seiko Inspection Certificate». C'est ultra qualitatif. D'emblée on sent la belle facture. En fait la prise de connaissance des livrets n'intervient que plus tard dans la semaine, je ne suis pas venu chez l'A.D. pour me farcir des pages de lecture....

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Voici donc l'objet de mon désir. Au premier regard je suis ravi de faire immédiatement le lien entre les couleurs vues sur le net et la réalité. Aucune distorsion. Il m'est arrivé de me planter sur une Speed 3551.20 soit disant cadran «ivoire» sur les photos du catalogue, mais finalement d'un blanc décevant à l'arrivée. Une époque avec un réseau internet plus que limité aussi. Je m'étais promis de ne jamais répéter l'expérience, mais aujourd'hui il devient grâce à la toile improbable de se tromper.

«Magnifique». C'est le premier mot qui me vient. Une bombe.

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On a rarement l'occasion de faire 2 fois une bonne première impression. Et ici la première est clairement la bonne. Je la passe au poignet, la scrute, puis l'horloger me règle le très long bracelet pour l'adapter à mes 17,5cm. Nous accomplissons les formalités avec mon interlocutrice, remplissage de la garantie, paiement, puis je rentre à la maison.
Voici donc une dizaine de jours que j'arbore fièrement ma nouvelle acquisition, et mon plaisir est toujours le même.

Je dois parler de la lunette tournante bidirectionnelle très particulière. En effet elle est composée de 2 (presque) demi-disques, de nuit la partie blanche est entièrement luminescente, ses nombres sont sombres, la bleue reste sombre sauf ses nombres qui sont lumineux. Le tout est protégé par une glace saphir. C'est un spectacle sublime, je n'ai pas souvenir d'avoir déjà vu une lunette réalisée avec autant de détails, de précision et de soin. Sa rotation est douce et elle reste bien en place sur n'importe lequel des 72 crans qui composent la totalité de sa rotation. Pierre sur son site Thewatchobserver définit parfaitement la particularité de la zone bleue empiétant légèrement sur la blanche:
Thewatchobserver

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De manière diurne, en fonction de la luminosité, elle prend des teintes changeantes, allant du bleu électrique au bleu profond, presque noir, Fascinante.

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Quelques chiffres et dimensions, issues du site GS:
-diamètre 44,2mm. Pas besoin d'avoir un poignet de bûcheron cependant, car la présence de la lunette tend à réduire l'effet visuel de la taille du cadran, et par extension celle de la montre.
-épaisseur 14,4mm
-entre-cornes 20mm
-poids 188g (c'est vrai)

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Sont forts chez Mathon.

Le boîtier à couronne vissée (à 4h, ce qui rend le porté très confortable) offre une étanchéité 200 mètres, ce qui pour une GMT est peu courant. Et très rassurant. Ses flancs sont magnifiquement polis ainsi que l’extrémité des cornes à ras du bracelet. Les brossés sont également parfaits et discrets. Parfois sur certaines montres on a l'impression que les brossages sont réalisés avec des engins de BTP, ici tout n'est que grâce, finesse et délicatesse.
L'ensemble respire la solidité, la qualité, la finition hors norme.

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Le cadran offre comme la lunette une belle palette de nuances bleues changeantes en fonction de la luminosité. Les index facettés ainsi que les aiguilles ne souffrent d'aucune approximation quant à leur élaboration. On est clairement sur une pièce de haute lignée, assez loin des entrées de gamme de la marque.

Pour moi qui était hésitait à franchir un cap entre 400€ et 6 ou 7000€ sur une même marque, un grand écart, le contrat est rempli. Quelle intelligence depuis quelques années de la part de Seiko de proposer à la fois des modèles quartz abordables dès 199€ pour des productions courantes, à des marques telles Credor, Ananta, GS, Astron et j'en oublie à plus de 10000€! Une telle diversité révèle une incroyable motivation à capter les acheteurs sur tous les segments du marché. Très aficionado des Prospex j'observe depuis quelques années à la fois une hausse des tarifs: une évidence, souvent liée à une utilisation de plus en plus courante des glaces saphir, et l’emboîtage de mouvements croissant en gamme. Les 5R66, 8L55 et consorts sont désormais légion dans cette offre. En outre pour le néophyte il devient très difficile de s'y retrouver faute d'avoir suivi les «épisodes précédents» comme on dit dans les feux de l’amour.

Le bracelet est composé de maillons essentiellement brossés intégrant 2 liserés polis. La qualité d'assemblage et l'absence totale de jeu en torsion sont parfaites. Pour amenuiser le bracelet il faut démonter 2 vis opposées puis chasser la tige pleine qui fait le liaison entre les 3 parties des maillons. Je n'avais jamais rencontré de montage similaire. Bien fichu à condition d'avoir les 2 vis latérales bien bloquées au frein-filet sous peine de prendre le risque de voire la tige centrale partir avec la montre au fond des océans (ça me rappelle la fin de Titanic quand mamie Rose échappe son collier alors que personne n'a pieds). Bref, qualitatif, mais on assure la visserie.

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Le fermoir et ses lames sont massifs, robustes, l'ouverture se fait en appuyant sur les ailettes latérales, Par expérience je sais que les ressorts de ce type de fermoir ne sont pas éternels, nous verrons dans quelques années si ils tiennent dans la longueur.

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Quel confort!
Il n'y a aucun angle vif dans l'ensemble boite/bracelet/fermoir qui puisse agacer l'avant bras. Tout n'est que douceur, ce qui est plus que plaisant si on considère le poids de l'ensemble. Qui n'a jamais eu une tocante d’environ 180 grammes dont le fermoir lui labourait le dessous du poignet car trop abrasif, trop anguleux? Et bien soyez assuré que la SBGJ237 est extrêmement confortable. La boucle du bracelet comporte 4 perçages pour réglage rapide, et le bracelet 2 demi-maillons en plus des grands. Pratique, bien pensé, de quoi jongler avec n'importe quelle morphologie. Quand je pense à la Longines Hydroconquest de ma femme dont la boucle n'a que 3 perçages ultra rapprochés et des maillons immenses je me demande comment obtenir un réglage plaisant sauf à être chanceux. Chez GS clairement la modularité est exemplaire.

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Le mouvement 9S86 avec ses 36000A/H possède une belle réserve de marche de 55 heures. Il est bien réglé, légère avance de 2 ou 3 secondes par jour, dans les normes. Je ne vais pas ouvrir la montre pour en prendre des photos, ce serait ballot pour une 200 mètres, en revanche je vous renvoie vers ce très riche site consacré à GS, merci à son auteur:
GS pour les nuls
Cependant, la couronne une fois dévissée est très difficile à tirer pour accéder aux 2 crans permettant à la fois le réglage de l'aiguille des heures, et au second cran à celui de l'aiguille 24h. Sa mise à l'heure est identique à celle d'une 16710. Pratique pour les voyageurs, 3 fuseaux horaires possibles.

En résumé, cette montre mérite d'être portée en très haute estime, ses finitions sont exceptionnelles et le soin apporté à sa fabrication se perçoit immédiatement.

Les +:
-l’œil est dès le premier instant captivé par ses couleurs changeantes
-La qualité de fabrication est vraiment hors norme
-Tout matche: ligne sportive, étanchéité, harmonie, précision, présence au poignet
-La garantie de 5 ans
-Les polissages Zaratzu et brossages qui ne souffrent aucune critique

Les -
-le réglage des maillons pour lesquels j'aurais préféré une vis transverse plutôt que 2 vis enfermant une tige centrale
-La couronne très dure à manipuler.

Je remercie chaleureusement Marjorie et Audrey de la boutique Royal Quartz/Augis à Lyon auprès desquelles j'ai acquis cette merveille. Un bel accueil, un très bon café, et la vie est belle!

Je rajouterais quelques informations/modifications au fil de l'eau, merci de m’avoir lu.
Une dernière photo pour la bonne bouche, légèrement sur-éclairée:

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Je préfère une 100 mètres chez Rolex à une 200 chez beaucoup d'autres.


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tocante 75
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