Les montres de volants (Vintage)

posté par capitaine56 Page d'accueil , Toujours près de la mer, 10/03/13, 20:30

Bien entendu, il y a un piège dans le titre. Amateurs, d'aviation, circulez, y a rien à voir. Il sera question ici de montres de volants d'automobiles. Je sais, je suis un obsédé...



VOICI DONC:
La mode des montres de volants


Elles ont aujourd’hui disparu, remplacées la plupart du temps par de disgracieuses montres à quartz, le plus souvent intégrées dans l’écran de GPS ou celui de l’autoradio. A l’exception notable de quelques marques de luxe, il n’y a plus guère de véritables montres dans nos automobiles. Quant à celles qui occupaient une place « centrale », si l’on peut dire, n’y pensons même plus. Mais parlons-en encore.
La mode naquit aux Etats-Unis, entre les deux guerres mondiales. Cette originalité fut reprise à l’issue du second conflit, période où l’innovation alla jusqu’au délire. A cet époque, il était « de bon goût », dans le secteur de l’automobile, d’imiter ce qui se faisait outre Atlantique. D’où l’apparition sur le Vieux Continent de ces moyeux de volants dont je souhaite vous entretenir.
Dans les années trente, donc, les usines de Détroit produisirent ces premiers curieux engins. Selon toute apparence, ce fut la marque Oldsmobile qui lança les premiers modèles et qui s’en fit longtemps une spécialité


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Montre électrique 1936
Le premier problème à résoudre, était de déplacer l’avertisseur sonore, qui occupait traditionnellement, depuis la naissance du « Klaxon (marque déposée) » électrique le centre du volant.
Le second était de trouver un moyen de remonter la montre.
En ce qui concerne l’avertisseur, le problème fut résolu de deux façons, soit en le disposant sous le volant, avec la commande des clignotants, soit en créant un cerclo-avertisseur, ce qui plut beaucoup. Trop de chromes n’étaient pas de trop !


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Certaines marques optèrent pour une solution intermédiaire en plaçant la montre sur un axe secondaire… Chouette ! Encore plus de chromes !

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Sur les premières versions, le remontage manuel de la montre n’était pas aisé. On eut donc recours très rapidement au remontage automatique à rotor.

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Un peu de circulation sur des routes de montagne et hop ! C’était parti pour huit jours.

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Mais quid des longues lignes droites de certains états?

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J’imagine que le balancement typique, style paquebot sur la houle, des grosses américaines des années soixante devait suffire.
L’électrification de la montre fut la solution la plus employée. Là, plus de soucis. La montre de moyeu prit son essor et entreprit de conquérir le monde automobile.
La marque qui s’impliqua le plus fut Benrus,

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qui proposa des modèles pour pratiquement toutes les marques.

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Chrysler et De Soto 57/58

On trouva aussi des MAAR suisses

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Deux modèles pour Chevrolet


des Anker

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et d’autres marques plus confidentielles. Je n’ai déniché qu’une paire de Jaeger, pour Pontiac aux USA et Lancia en Italie.

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Jaeger pour Pontiac

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Jaeger sur volant Motolita


Ainsi que je le rappelais plus haut, la mode était dans nos années cinquante de copier ce qui venait des états unis, d’où quelques disgracieuses autos « pontons » puis de prétentieux « ailerons ». Nos voisins allemands n’échappèrent pas à la mode, les britanniques n’y succombèrent apparemment pas. Avec ces gens-là, il faut s’attendre à tout…l’Italie résista aussi. Il arriva néanmoins que les stylistes italiens tombent aussi dans le piège de la montre de volant, on l'a vu plus haut avec le volant Motolita

En Allemagne, la coccinelle et le Kombi furent les premières victimes

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Cette Anker mécanique équipait une coccinelle.

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Cette montre aussi

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Celle-ci est une Mekra, toujours pour VW

et là...

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Une Benrus encore, pour?

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Allez, je vous aide. Une montre française:
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Non? C'est une Porsche!

Surpris ? Voici une autre montre de volant toujours française pour la même marque germanique:
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En France, la montre de volant connut une certaine vogue. Un fournisseur monopolisa le marché: Centromatic, qui proposa des montres mécaniques

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Et électriques
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Quillery, le premier fabricant français de volants, équipa la traction avant, dont la rigueur du tableau de bord faisait frémir les plus fanatiques des citroënnistes.

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Un peu de douceur dans ce monde de brutes.


Il est à remarquer que ces montres ne conquirent pas le haut de gamme de l’époque, si ce n’est la « Vedette », le modèle de luxe de chez Simca.

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Tout à fait dans le style US qu'elle pompait allégrement (jusqu'au moteur V8)


Mais aussi, comment placer une montre de moyeu sur un volant qui n’a pas de moyeu ?

[image] Tsss Tsss Tsss .
Ces stylistes, vraiment, ils ont de ces idées!


Par contre, elles firent florès sur les automobiles plus populaires, à commencer par la « quatre chevaux » Renault

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On en vit aussi, plus tard sur la « Floride »

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Sur « l’Aronde » dans ses différentes versions
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Sur les « Panhard » Z et PL17
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Puis les montres se mirent à fleurir progressivement sur tous les tableaux de bords.
Seuls quelques originaux s’accrochèrent, tel Grant aux USA qui proposa, jusqu’à la fin des années quatre-vingt, cette option pour Honda
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Le coup de grâce fut asséné par l’apparition du coussin gonflable de sécurité, « l’air bag » dont la présence empêche, bien sûr, de monter une montre de moyeu, sauf au risque de la prendre en pleine tronche en cas de déclenchement de l’objet.
La montre de volant est morte.
NON !
Pour les accros, il reste ceci :

[image][image]
Kenavo.

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Si Dieu existe, il a intérêt à avoir une bonne excuse (W. Allen)


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