capitaine56


Toujours près de la mer,
14/12/22, 19:18
 

FEVRIER (Articles)

En voilà un titre bizarre !
Mais chacun sait ici que le Capitaine est un peu fou dans sa tête, alors...




Avant-propos :
A l’origine, ce texte ne devait paraître qu’après la disparition du sujet principal.
Malheureusement, des événements indépendants de ma volonté m’amènent, par précaution personnelle à l’éditer dès maintenant, avec l’espoir que le héros de cette histoire vraie me pardonnera...

Compte-tenu de la longueur du texte, celui-ci sera divisé en trois chapitres




février ...

« Ah, vous savez, mon ami, depuis bien longtemps, je déteste le mois de février ! A chacun des premiers jours de ce mois, je vis et revis la même aventure. Permettez que je vous raconte :

14 février 1945

Je suis aux commandes de mon fidèle bombardier Avro Lancaster. Depuis que je pilote cet avion, notre cible principale a été Hambourg et son port. Missions routinières, sans cesse répétées. Trajet connu, cibles connues, la flak toujours redoutable et parfois la chasse de nuit de la Luftwaffe. Mais aujourd’hui…

Aujourd’hui, la mission nous a menés beaucoup plus loin, au cœur de l’Allemagne, très loin à l’est, vers une nouvelle cible jamais encore visée. Cela ne nous a nullement réjoui : je reviens, nous revenons de bombarder Dresde au sein de la première vague des avions de la Royal Air Force, au cours de la nuit du 13 au 14. Deux cent quarante trois bombardiers ! Mon appareil était chargé de bombes explosives de très forte puissance. Derrière nous, se sont succédées la seconde vague de la RAF, puis celles de l’USAAF (United States Army Air Forces), dont les avions emportent, pour plus de la moitié, des milliers de bombes incendiaires. Près de mille trois cents appareils ! Imaginez-vous cela ? Par la volonté de Winston Churchill, désireux, à ce que nous avons cru comprendre, d’impressionner les Soviétiques qui progressent irrésistiblement vers l’ouest un peu trop vite à son goût, une pluie de bombes s’est abattue, sans discontinuer, sans aucune riposte, deux jours et une nuit durant, sur une foule innombrable composée pour l’essentiel de civils désarmés, de réfugiés fuyant devant l’Armée Rouge, déclenchant une terrifiante tornade de feu et un abominable et inutile massacre.

J’ai 20 ans et j’ai participé à cette tuerie …

Et c’était ma dernière mission de guerre…

Décembre 2022

En septembre, j’ai passé le cap de mes 98 ans et le souvenir est toujours présent, qui me hante ; à chacun des premiers jours de février, ma gorge se serre et les larmes me montent aux yeux. Quelle saloperie que la guerre …

Dresde … comment étais-je arrivé là ?

Novembre 1942.

Le dix de ce mois, les allemands envahissent la zone sud, dite « libre », après que les alliés aient libéré le Maroc et l’Algérie au début du mois. Le onze, les premières unités ennemies sont déjà là, sur les rives de la Méditerranée !

J’habite alors depuis quelques années, heureux et insouciant gamin, avec mes parents, à Monte Carlo, où travaille mon père, sommelier au célèbre hôtel de Paris, le plus coté, sans doute, de toute la côte d’Azur. Nous sommes arrivés dans la Principauté alors que je n’étais encore qu’un très jeune écolier. A l’école que je fréquente, j’ai comme camarade de jeux un certain Rainier, plus âgé que moi d’un peu plus d’un an. La seule différence entre nous, c’est qu’on le mène à l’école en voiture, tandis que j’y viens à pied et c’est bien car chaque jour, en rentrant chez moi, mon chemin passe devant la vitrine d’une des nombreuses joailleries qui parsèment toute la côte. Cette vitrine me fascine et je ne manque jamais de m’arrêter pour contempler les pierres précieuses et les gemmes qui y scintillent. Un soir, alors que je m’attarde peut-être davantage que les autres jours, l’artisan sort de sa boutique et me lance tout de go :

« entre donc ! »

Je ne me fais pas prier et mes visites au cher homme deviennent quotidiennes, au point qu’il prend l’habitude de me raccompagner chez mes parents, leur raconte mes haltes de chaque soir et les incite à m’inscrire dans une école spécialisée. Voilà comment naît une vocation ! A seize ans, je me retrouve à celle de Nice où suis assidûment les cours de gemmologie et de joaillerie. Deux années de bonheur s’écoulent, loin de la guerre et de ses tourments Mais voici l’occupation allemande ! La fin de ma liberté. La fin de ma jeunesse insouciante. Finis les beaux jours, oublié le temps, bien avant la guerre, où Louis Chiron me mettait, petit bonhomme, sur ses genoux pour faire un tour du circuit du Grand Prix de Monaco dont il avait été l’un des fondateurs.

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Louis Chiron


Les Allemands ? très peu pour moi ! Je viens de passer mon C.A.P., je pourrais faire semblant de ne pas les voir, mais non ! Grâce à une filière d’évasion, le réseau « Onyx » je parviens à gagner l’Algérie d’où, au sein d’un groupe de militaires canadiens ayant participé dans les rangs britanniques à l’Opération Torch, je pars vers l’Angleterre où j’envisage de rejoindre le Général de Gaulle. Onyx...un nom prédestiné pour un futur gemmologue !

En janvier 1943, je me trouve brièvement, ébloui, présenté au Grand Homme, mais le hasard, la chance, font que l’on me propose de m’engager dans la Royal Air Force, alors qu’il n’y a pas de place pour moi dans les Forces Aériennes Françaises Libres. Comment est-ce possible ? Souvenez-vous que je suis arrivé en Angleterre au milieu d’une bande de Canadiens, pour la plupart Québécois et francophones. Les Anglais m’assimilent à leur nationalité et hop : Quelque mois d’un stage pour le moins intensif pendant lesquels j’apprends à piloter, à sauter en parachute, ce qui me vaudra mes seules blessures « de guerre » car, poussé par un instructeur un peu trop pressé, je m’abîme les deux genoux lors d’un atterrissage mal maîtrisé, blessures que je traîne encore plus de 75 ans plus tard ! Qu’à cela ne tienne, me voici « Pilot Officer » et voici que l’on me confie, à moi, gamin à peine sorti de l’adolescence, les commandes de l’un de ces nombreux bombardiers Lancaster qui vont, chaque nuit, arroser la terre allemande d’une pluie de bombes.

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Quel engin que cet avion ! quatre moteurs Rolls Royce, sept membres d’équipage, 6350 kilos de bombes, 3000 kilomètres de rayon d’action et un ridicule armement de défense composé de mitrailleuses de 8mm. Notre équipage comprend sept membres de sept nationalités. Le navigateur, qui fait office de commandant de bord, est le seul britannique. Je suis le seul « québécois », pardon, Français.

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le tableau de bord de mon avion


Une seconde vie commence. J’ai 18 ans.

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FIN DU PREMIER CHAPITRE

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Je tiens beaucoup à ma montre, c'est mon Grand Père qui me l'a vendue sur son lit de mort (W. Allen)

gibus
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La Rochelle,
02/02/23, 22:20

@ capitaine56

FEVRIER

Ah merci Capitaine !

et cette Vacheron ! elle m'intrigue depuis mon plus jeune âge : c'est celle de mon père, qu'il porte régulièrement.

Vivement la suite.

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L'épreuve du courage n'est pas de mourir, mais de vivre.
[Vittorio Alfieri]

villerville (modérateur)
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02/02/23, 07:17

@ capitaine56

FEVRIER

Cher capitaine,

Heureux de vous lire.

Votre évocation de Fred Lip me remet en mémoire une lointaine rencontre avec lui.

Il m’avait raconté qu’adolescent, il avait été renvoyé de son école (de son propre aveu, il était insupportable depuis son plus jeune âge).

Sans se démonter, et sans en dire un mot à ses parents, il alla s’inscrire au lycée voisin.

Pendant un certain temps, le chauffeur de la famille le déposait tous les matins devant son (ancien) établissement et il faisait à pied le chemin vers son nouveau lycée.

Un jour son père, étonné de ne plus recevoir de notes, prit rendez-vous avec le directeur de ce qu’il coyait être encore l’école de son fils.

C’est alors qu’il apprit la précoce autonomie de son fils.

Amitié


V.

basyl177
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Paris,
02/02/23, 01:27

@ capitaine56

FEVRIER

Merci Capitaine pour cette belle épopée !
Je suis impatient de découvrir les photos de la collection de votre ami ! :ok:

---
Amitiés

Basyl177

capitaine56


Toujours près de la mer,
01/02/23, 18:09

@ Rav6en

FEVRIER

»
» Amusant sa remarque sur les chrono flyback. Je laisse le soin à Exupéry et
» à ses copilotes le soin de se prononcer mais ce n'est peut-être pas pour
» rien que de nombreuses horloges d'avions, civiles comme militaires
» disposent de cette fonction.

Exact! Mais mon copain préférait utiliser le flyback monté sur le chrono du tableau de bord de son petit quadrimoteur, tout simplement.

---
Je tiens beaucoup à ma montre, c'est mon Grand Père qui me l'a vendue sur son lit de mort (W. Allen)

flober75


01/02/23, 15:30

@ capitaine56

FEVRIER

Merci pour la suite de l'histoire.

nonosore


01/02/23, 14:04

@ capitaine56

FEVRIER

Merci pour cette belle histoire!

Rav6en
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Paris,
01/02/23, 11:10

@ capitaine56

FEVRIER

Excellent !

Un ou deux détails de l'histoire valent leur pesant de cacahuètes !
Le gars qui refuse de prendre des parts dans Breguet, ça me rappelle l'histoire de ce musicien qui a refusé de rejoindre les Rolling Stones à leurs débuts.
Et puis aussi l'achat coup de tête de la Vacheron. Je suis sûr qu'il aurait pu oser demander de se la faire offrir que cela aurait pu passer.

Amusant sa remarque sur les chrono flyback. Je laisse le soin à Exupéry et à ses copilotes le soin de se prononcer mais ce n'est peut-être pas pour rien que de nombreuses horloges d'avions, civiles comme militaires disposent de cette fonction.

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Tempus fugit. Certes oui, mais où ?

Watch_addict
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01/02/23, 09:42

@ capitaine56

FEVRIER

Merci pour cette suite.

---
"L'être humain est le seul animal qui éprouve du plaisir à amasser des connaissances inutiles." Isaac Asimov

strikeline
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31/01/23, 22:33

@ capitaine56

FEVRIER

Merci pour l'Histoire Capitaine.
Et franchement, drôle de Bonhomme que votre ami.

---
Il n'y a pas d'heure pour regarder sa montre....

Exupery (Modérateur)
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31/01/23, 22:14

@ capitaine56

FEVRIER

Ravi de vous relire enfin!
Merci pour la suite de ce récit, et pour les photos de ces montres.
On attend la suite avec impatience.

---
**Exupéry (Modérateur)**

capitaine56


Toujours près de la mer,
31/01/23, 19:15
(Modifié par capitaine56
le 31/01/23, 19:24)


@ basyl177

FEVRIER

Voici venir la troisième partie des aventures de mon ami pilote de bombardier-joaillier-horloger.

Je voudrais tout d'abord prier mes lecteurs d'excuser un mouvement d'humeur provoqué par un HS, accentué par ma santé chancelante et aggravé par les méfaits du grand âge.

Reprenons le monologue de mon ami bientôt centenaire.

Aujourd’hui, je n’ai plus qu’une demi-douzaine de montres. Je vous en ai amené quelques unes : des Zénith dont je vous ai déjà parlé et deux ou trois autres.
Vous voyez à mon poignet ce chronographe El Primero ? C’est le Chronomaster GT Flyback, le plus complexe de la gamme avec phase de lune et autres complications : jours, dates, mois.

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Le Flyback, me direz-vous, voilà une subtilité bien utile pour un pilote ! Bof … ouais... Dans mon Lancaster, il y avait une montre au tableau de bord, une Smiths mécanique et nous n’utilisions que celle-ci. Il en fut de même dans tous les avions que j’ai pilotés depuis lors et il y en eut ! Je totalise la bagatelle de 2350 heures de vol, dont un grand nombre en tant qu’instructeur. Qu’importe, je suis ici pour parler de montres, pas de moi. J’ai donné ses premières leçons de pilotage à un navigateur que vous avez un peu connu, je crois : Eric Tabarly. Ce Tabarly ! La discipline et lui...
Son épouse fut par la suite l’une de mes clientes au magasin.

Donc, le Flyback, c’est beau. Beau, mais quasiment inutile. Entre nous, qui utilise vraiment un chronographe aujourd’hui ? Alors un Flyback ...

La seconde est aussi un chronographe automatique El Primero, moins compliqué, mais monté dans un boîtier rectangulaire que j’adore, avec ses anses articulées. C’est celle que je porte régulièrement.
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La troisième est toujours un El Primero, encore un Flyback, avec lunette tournante mais sans phase de lune ni dateur complet.

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Avec les autres, j’ai été infidèle à ma marque favorite. Voici ma petite Vacheron Constantin mécanique, remontage manuel, boîtier en or. C’était en son temps le calibre le plus plat du marché. N’est-elle pas superbe ? Il lui faudrait bénéficier d’une révision, car elle n’a jamais servi et les huiles sont gommées, mais à qui la confier ? Vous connaissez quelqu’un qui pourrait le faire ? Parfait ! Nous irons lui rendre visite.

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Avez-vous remarqué ? Beaucoup de ces montres ont perdu leur bracelet d’origine. C’est aussi mon choix : j’avais la coquetterie de commander tous mes bracelets chez Camille Fournet et de les faire marquer à mon nom.

Je possède aussi une curiosité qui m’a été offerte par son créateur : une Patton de plongée. Oui, je sais, c’est du quartz, mais ne faites pas la fine bouche ! C’est qu’elle est étonnante, cette montre ! D’abord, elle a été conçue en France, par l’un de mes amis, Jean Louis Le Bec, qui exerçait à Lorient. Je crois que le choix du nom « Patton », est dû au souvenir de la campagne de Normandie en 1944 et de la percée d’Avranches menée par le général de ce nom.

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Voyez-vous ce qui fait la particularité de cette montre ? Regardez bien. C’est cela : le mouvement à quartz, conçu également par Le Bec, baigne dans un liquide, comme le montre la bulle visible actuellement sur le chiffre douze, ce qui assure une résistance à la pression exceptionnelle.

Une montre homologuée étanche à 1000 mètres, cela ne court pas les rues ! Celle-ci est neuve de stock et pour me faire plaisir elle porte le chiffre 24, celui de mon année de naissance, sur une présérie de 100 exemplaires. Conçue en France, elle n’en porte pas moins la mention Swiss made, car elle fut assemblée dans ce pays. Cela fait vendre.

Mon ami Fred Lip l’avait bien compris qui, à la suite des mouvements sociaux que vous connaissez, avait entrepris de fabriquer des montres LIP « Genève ».

A propos de lui, je me souviens d’une anecdote dont très peu de gens eurent connaissance, sinon ceux qui l’ont vécue :

Revenant en sa compagnie de Suisse avec un lot de Lip Genève, nous sommes arrêtés à la frontière par des douaniers qui envisagent de fouiller sa voiture. La colère prend notre homme, une colère rouge, et le voici qui entreprend de se dévêtir, qui se met totalement à poil et qui hurle aux douaniers en tournoyant sur lui-même :

« Et bien ! Fouillez-moi, maintenant ! »

L’un des gabelous tente bien de préserver la pudeur de notre héros à l’aide d’une serviette tout en protestant :

« Voyons, Monsieur Lip, cela ne se fait pas, calmez-vous ! »


rien n’y fait, au contraire, et dans la plus grande confusion, nous quittons l’Helvétie sans autre forme de procès. On savait rire en ce temps-là !

Voyez-vous, de mon ancien métier, je n’ai pratiquement gardé que des objets que j’ai fabriqués de mes mains. Quant aux montres... je ne sais même pas ce que j’ai fait de ma layette d’outillage. Sans doute ai-je dû la donner. Peu importe.

Finalement, je préfère certains mes souvenirs :

Ma présentation au Général de Gaulle à Londres en tout début 1943 ; imaginez cela : je n’ai encore que 18 ans ! Ma seconde rencontre avec lui, Président de la République, lors de son passage à Quimper :

« Ah ! C’est vous le monégasque breton ! »


Certes, on avait certainement dû peu avant lui rappeler qui j’étais, mais bon ...
Mes œuvres de joaillerie ; mes nombreux voyages en Suisse où j’ai toujours reçu le meilleur accueil, malgré l’attitude condescendante, pour ne pas dire plus, de nos voisins Helvètes vis à vis des Français ; mes relations amicales avec Fred Lip chez qui je ne manquais pas de m’arrêter lors de mes voyages et tant d’autres : Huguet à Nantes qui fut le centre de révision de toutes les Rolex en France ; Daguzé, joaillier, lui aussi, dans la même ville, que Jaeger Le Coultre et Hermès trahirent de la pire façon après que son gendre, Williamson, ait pris sa succession ; Charles Le Fèvre, le directeur commercial de Vacheron Constantin qui me proposa un jour de racheter à parts égales rien moins que la marque Breguet, alors à vendre pour cinquante millions de francs. Cinquante millions d’anciens francs, bien sûr, offre que je repoussai au prétexte que, de ma lointaine province, je ne pouvais pas participer à la direction d’une affaire située à Paris ; eh oui...on n'est pas toujours malin; et tant d’autres dont j’ai oublié les noms !
Tenez, encore une anecdote à propos de Charles Le Fèvre :

Un beau jour, Vacheron et Constantin eut l’insigne honneur d’être distingué par le diplôme « Prestige de la France ». C’était la première fois qu’une manufacture horlogère, étrangère de surcroît, recevait ce trophée. Je me trouvais au nombre des invités qui se pressaient au Ritz, ministres, hommes politiques, industriels et figures du show-biz mélangés. Le lendemain de cette mémorable journée, je me retrouve dans le bureau de mon Le Fèvre, afin de lui passer quelques commandes.

Arrive l’un de ses collaborateurs qui vient lui présenter le premier exemplaire de la version pour dame de la fameuse montre, le N°1.

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Nous contemplons l’objet et je me risque :

« Vous me la vendez ?
-Ma foi, pourquoi pas ?
-Ça marche ! »

Et voilà comment cette montre prit le chemin de la Bretagne…où elle se trouve toujours. Vous êtes bien placé pour le savoir!

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Certains souvenirs sont infiniment moins agréables. A l’été 1980, je suis victime d’un « casse » particulièrement violent. Deux voyous se présentent à mon domicile, me braquent ainsi que que mon épouse et mon neveu, alors en vacances chez moi. Ils nous emmènent à mon magasin et, pistolet sur la nuque, m’intiment l’ordre d’ouvrir mon coffre. Ils ignorent, à l’évidence, que j’en compte trois : le premier pour mes bijoux de stock, le second pour les pierres précieuses non montées, le troisième renfermant les bijoux appartenant à mes clients. Je ne donne la combinaison que du premier sur lequel les deux lascars se précipitent. Après quoi, ils nous traînent jusqu’à leur voiture où ils s’engouffrent, nous abandonnent sur le trottoir et bye bye ! Ils seront arrêtés quelques mois plus tard, jugés et écoperont de douze ans de cabane, mais moi, je me suis fait délester de plus de quatre millions de francs, nouveaux, ceux-là, dont une bien faible partie sera remboursée par l’assurance. L’instigateur du braquage n’était autre, tenez-vous bien, que le commercial qui m’avait vendu le système de sécurité de mon magasin !

Au mois de décembre de l’an 2000, la ville subit des inondations catastrophiques. Tous les immeubles de ma rue se retrouvent sous plus d’un mètre d’eau, pendant des jours et des jours. Mon atelier est ravagé et la plus grande partie des montres que je détiens est endommagée ; certaines le sont de façon définitive. Allons, ce n’est qu’un incident de plus ! Je ne baisse pas les bras et je redémarre.

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Et puis, un beau jour, j’en ai assez : Je prends la décision de me retirer. Je propose à mes deux collaborateurs de racheter mon affaire. Hélas, ils ne sont pas faits pour s’entendre en dehors de ma présence : l’un, le joaillier, est disons... bordélique, accusé par l’autre d’être crasseux. Évidemment, la joaillerie, ça fait de la poussière ! l’autre, l’horloger, est un maniaque méticuleux. Je décide alors de baisser définitivement le rideau et de vendre les murs après avoir placé mes deux bonshommes chez des confrères. J’avise donc par courrier mes clients de mon départ à peu près en ces termes :

« C’est à regret que je vous informe qu’il est temps pour moi de partir en pré-retraite. »

Nous sommes en 2003 et je n’ai, tout compte fait, que 79 ans. Il me reste tant de choses à faire ! Je me consacre à des expertises, je donne des cours de joaillerie, je continue à dessiner des projets de bijoux, j’en répare parfois, pour de bons amis, je fais de la musique, car j’adore jouer de la guitare, du piano et de la clarinette, je pratique régulièrement la plongée sous-marine, l’équitation aussi, et même le kayak de mer. Un jour que je j'avais entrepris de me rendre aux îles des Glénans, me voici intercepté par la Gendarmerie Maritime qui me ramène à mon point de départ en remorque de leur vedette. Peu importe que je leur affirme avoir effectué cette promenade à de nombreuses reprises, ils estiment qu'à 85 ans, ce n'est la raisonnable et surtout, je vole ! C’est de tous mes souvenirs, celui qui restera le dernier et le meilleur. Pourtant, en 2009, par prudence pour mes amis passagers que j’emmène parfois faire le tour du Mont Saint Michel, par exemple, alors que j’ai atteint ma quatre-vingt cinquième année, je cesse de piloter un avion.

Mais bon, il me reste encore ma voiture ! Et mon vélo !

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MON Lancaster:
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Je tiens beaucoup à ma montre, c'est mon Grand Père qui me l'a vendue sur son lit de mort (W. Allen)

Rav6en
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Paris,
16/01/23, 10:46

@ capitaine56

FEVRIER

Bonjour Capitaine,

Désolé d'avoir mis le feu aux poudres et pour le HS.
Brisons là et s'il vous plaît continuez à nous narrer ce petit bout de mémoire individuelle que pour de multiples raisons j'apprécie fort.

---
Tempus fugit. Certes oui, mais où ?

capitaine56


Toujours près de la mer,
15/01/23, 17:57

@ syrap

FEVRIER

0 Syrap:

Mais c'est quoi ce foutoir?
Je ne refaisais pas la guerre de 1939-1945, je racontais la biographie d'un vieux Monsieur de 98 ans, exceptionnel joaillier-bijoutier-horloger de profession et qui compte encore aujourd'hui parmi mes amis. Cette intervention importune m'indispose profondément.
Ecœuré je suis, la suite viendra peut-être un jour.
Ou pas

---
Je tiens beaucoup à ma montre, c'est mon Grand Père qui me l'a vendue sur son lit de mort (W. Allen)

syrap


14/01/23, 23:45

@ Rav6en

FEVRIER

» Syrap,
»
» Sans polémique, on peut nuancer le propos.
» On comprend sans difficultés la joie du prisonnier qui a souffert 5 ans.
» Les Stalag n'avaient rien du club med'.
» On peut cependant comprendre aussi l'horreur ressentie par les pilotes des
» bombardiers.
» Certes c'était la guerre, certes il y avait des ordres et la question n'est
» pas là mais cela montre qu'il restait encore un peu d'humanité chez
» certains soldats.
» Cependant, tous les bombardements sont des boucheries peu précises et les
» victimes collatérales sont légions. Dresde a été un carnage, il suffit de
» voir les photos d'époques et de penser à la notion de "tapis de bombes".
» Parmi les civils qui ont péri, beaucoup n'avaient rien demandé à personne,
» et cela depuis le début.
»
» Je vous conseille le très beau livre de Laurent Gaudé : "écoutez nos
» défaites" qui interroge beaucoup sur le prix de certaines "victoires"

______________________________________________________________________________
Je doute de vos affirmations de bisounours....
Mon pere a été fait prisonnier à Gien, detruit et bombardé par les Stukas et l'artillerie , il était dessous les bombes (ont ils pleurnichés ou eu des remors eux ???)
Il a échappé à la boucherie au meme titre que certains habitants de Dresden , et autres...
le Vercors , ça vous parle? des villages et les fermes ont été brulés, mon grd pere et mon oncle , blessés, ont été fusillés à la GROTTE DE LA LUIRE ET TANT D'AUTRES.
Je sais que la mode est à la repentance , le repentance est de la faiblesse, les faibles sont des décadent . œil pour œil , dent pour dent , telle est la loi.
Je m'excuse aupres de Capitaine , mais les élucubrations de Rav6en m’horripile

---
Vous avez l'heure ... moi, le temps !!! ;)

basyl177
[image]

Paris,
12/01/23, 08:25

@ capitaine56

FEVRIER

Je n'avais pas pris le temps de lire le deuxième chapitre... tout aussi passionnant que le premier !
Merci Capitaine pour cette belle aventure !

---
Amitiés

Basyl177

Rav6en
[image]
Paris,
05/01/23, 09:04

@ syrap

FEVRIER

Syrap,

Sans polémique, on peut nuancer le propos.
On comprend sans difficultés la joie du prisonnier qui a souffert 5 ans. Les Stalag n'avaient rien du club med'.
On peut cependant comprendre aussi l'horreur ressentie par les pilotes des bombardiers.
Certes c'était la guerre, certes il y avait des ordres et la question n'est pas là mais cela montre qu'il restait encore un peu d'humanité chez certains soldats.
Cependant, tous les bombardements sont des boucheries peu précises et les victimes collatérales sont légions. Dresde a été un carnage, il suffit de voir les photos d'époques et de penser à la notion de "tapis de bombes". Parmi les civils qui ont péri, beaucoup n'avaient rien demandé à personne, et cela depuis le début.

Je vous conseille le très beau livre de Laurent Gaudé : "écoutez nos défaites" qui interroge beaucoup sur le prix de certaines "victoires"

---
Tempus fugit. Certes oui, mais où ?

Watch_addict
[image]

04/01/23, 16:14

@ capitaine56

FEVRIER

Merci pour ce voyage, j'attends la suite avec impatience.
Bon courage, gardez le cap.

---
"L'être humain est le seul animal qui éprouve du plaisir à amasser des connaissances inutiles." Isaac Asimov

nonosore


04/01/23, 15:33

@ capitaine56

FEVRIER

Je ne savais pas quoi répondre, juste un merci pour cette agréable lecture!

syrap


25/12/22, 12:38
(Modifié par syrap
le 25/12/22, 13:27)


@ Mnementh

FEVRIER

J’ai 20 ans et j’ai participé à cette tuerie …

Et c’était ma dernière mission de guerre…


Capitaine, Bonjour,

Afin de vous soulager de votre fausse culpabilité, je vous fais parvenir un message de l'au de la ;
(les récits de feu mon pere, artilleur (1906/1986)
Fait Prisonnier au pont de Gien en 40, transféré dans des wagons à bestiaux cadenassés,sans manger , boire etc ..... j'ai survécu par miracle et me suis retrouvé dans un Stalag à proximité de Dresde..
J'avais laissé femme et enfants, je me suis retrouvé 5 ans prisonnier ...
Je vous laisse imaginer la joie que nous avons eu quand vous etes passé au dessus pour raser, exploser, démolir , nous libérer !!!!!!!
Ceux qui sont resté sous les ruines n'ont pas souffert 5 ans, leurs mort a été douce et sans souffrances en rapport ......Et tout cela au péril de votre propre vie, cessez de vous repentir, vous exécutiez les ordres, vous faisiez votre devoir de libérateur,soyez en remercié !!
Puisse ce temoignage vous déculpabiliser et vous remercier pour votre participation à notre liberté retrouvée.
Cordialement .

---
Vous avez l'heure ... moi, le temps !!! ;)

Mnementh

Autan en emporte le vent,
23/12/22, 00:10

@ capitaine56

FEVRIER

» En raison de quelques petits problèmes personnels, je me vois contraint de
» reporter à l'an prochain la suite de cette histoire. Avec mes excuses et
» mes meilleurs vœux,
» MICHEL

C'est parfois plus pénible que les fois où ça l'est moins.
Agréable lecture, merci.
biz :flower:

---
Rien ne va de soi...

Exupery (Modérateur)
[image]
22/12/22, 16:20

@ capitaine56

FEVRIER

A bientôt alors, et bonnes fêtes de fin d'année

---
**Exupéry (Modérateur)**

capitaine56


Toujours près de la mer,
22/12/22, 14:56
(Modifié par capitaine56
le 22/12/22, 16:09)


@ capitaine56

FEVRIER

[image]
Zénith

En raison de quelques petits problèmes personnels, je me vois contraint de reporter à l'an prochain la suite de cette histoire. Avec mes excuses et mes meilleurs vœux,
MICHEL

---
Je tiens beaucoup à ma montre, c'est mon Grand Père qui me l'a vendue sur son lit de mort (W. Allen)

strikeline
[image]

16/12/22, 19:12

@ capitaine56

FEVRIER

» écœurant ...mais parlons d'autre chose.

C'est vrai que "l'Italien" n'était pas obligé de le dire ;-)
Sinon, super histoire.

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Il n'y a pas d'heure pour regarder sa montre....

cervi


16/12/22, 17:06

@ capitaine56

FEVRIER

C'est captivant et fort bien écrit. Vivement la suite. Chapeau mon Capitaine :Laporte:

capitaine56


Toujours près de la mer,
16/12/22, 16:21
(Modifié par capitaine56
le 16/12/22, 16:49)


@ basyl177

FEVRIER

CHAPITRE DEUX:

A l’issue des hostilités, les Anglais, toujours convaincus que je suis Québécois, m’offrent à la fois de demeurer dans la RAF et la nationalité britannique. Je refuse car je n’ai qu’une hâte : revoir la France. De retour dans ma terre natale, me voici automatiquement versé comme officier dans l’Aéronavale. Bien qu’ayant un moment envisagé de rejoindre Air France, qui recrute à tout va, et de rester pilote, je décide, sous la pression paternelle, d’exercer la profession pour laquelle j’ai été formé à l’école de bijouterie de Nice où j’ai passé mon C.A.P. : je serai joaillier.

Me voici de retour sur la Côte d’Azur, à Monte Carlo, où je fais mes premières armes dans ma profession. Et quelles armes ! Il m’arrive de travailler pour Ali Khan, pour la célèbre « Môme Moineau », Lucienne Dhotelle, la femme la plus riche du monde, pour laquelle je suis chargé un jour, toutes affaires cessantes, d’orner de pierres précieuses les hauts talons recouverts d’or qu’elle entend porter au plus vite pour danser sur les tables lors d’un dîner qu’elle projette d’organiser au Country Club.

[image]

La Môme Moineau, son avion, l'une de ses voitures


Ainsi fut fait, mais aussi vite qu’il m’est possible, je rejoins ma province natale, bien loin de la côte d’azur. En effet, je suis né en Bretagne, d’une mère Bretonne, de grands parents Bretons et je me sens breton jusqu’au bout des ongles, quand bien même mon Papa soit d’une toute autre origine.

Après avoir œuvré à Monaco, c’est à Quimper, sur les rives de l’Odet, dans une région où n’existent encore que peu de joailleries que je vais enfin me rendre pour y exercer mes talents et c’est là que va débuter ma troisième vie.
Du 1er décembre 1947 au même jour anniversaire, 1er décembre de l’année 1967, je travaille en chambre pour une clientèle privée et en sous-traitance pour de grandes marques de joaillerie. Vous avez remarqué ? Premier décembre, jour de la Saint Éloi, patron des métiers du métal, donc des horlogers, des joailliers et des orfèvres. Amusant, non ?

(Il chantonne en riant) :
« Trois orfèvres, à la Saint Éloi … »

Gagnant convenablement ma vie, j’ouvre au début de 1968 un magasin dans un bel immeuble de la vieille ville pour y développer encore mon activité de joaillier. Bientôt je suis sollicité par des marques d’horlogerie, ce qui ne m’attire guère. Pendant près de deux ans, Rolex va tenter de franchir ma porte. Je finis par céder à la fin de 1969. Vient le tour de Cartier, que j’accepte de représenter en 1970, après avoir longtemps tergiversé. Nous voici arrivés dans le vif du sujet !

Soyons clairs : je n’avais pas alors d’attirance particulière pour l’horlogerie. Je n’avais pas reçu de formation à ce métier. Qu’à cela ne tienne ! un stage de quinze jours chez Rolex pour apprendre à régler les montres, à remplacer les verres et à assurer leur étanchéité et la messe est dite ! Les révisions de toutes les montres que je vais vendre seront le plus souvent effectuées soit dans les ateliers des maisons-mères, soit chez des sous-traitants homologués, tel le merveilleux Monsieur Huguet, à Nantes, un sacré perfectionniste celui-la !, chez qui viennent en révision toutes les Rolex de l’ouest de la France. Dans les dernières années, l’essentiel des travaux est assuré par l’un de mes deux employés ; mais joaillier je suis, joaillier je resterai toute ma vie. Aujourd’hui encore, je suis expert en gemmologie auprès de tribunaux, à mon âge ! Mais ceci est une autre histoire. C’est cet attachement à ma formation et à mon métier qui me permettra au fil des ans de tenir la dragée haute aux manufactures horlogères : je n’ai pas besoin d’elles pour vivre, d’autant que je demeure également, pendant des années, pilote-instructeur dans l’Aéronavale. Restons cependant dans le domaine qui vous intéresse : les montres.

De par ma formation, j’ai toujours été porté vers le beau, le raffiné, le haut de gamme. Je respecte cette orientation dans le choix des marques que je vais représenter. Figurent sur ma carte Audemars Piguet, Vacheron & Constantin, Jaeger Le Coultre, Piaget, Breitling et Omega, quoique que pour cette dernière marque je choisisse de ne présenter que la gamme dite « de prestige », avec des boîtiers uniquement en or. De ma vie je n’ai vendu la moindre Speedmaster comme celle que vous portez ce soir ! Il m’est arrivé par contre de vendre des Patek Philippe car, bien que je ne sois pas distributeur officiel, il me suffisait d’un simple coup de téléphone pour être livré sans problème. Quelle époque !

Pour faire bonne mesure, je propose aussi Blancpain, Ebel et surtout Universal Genève, l’une des marques que j’affectionne particulièrement, avec IWC. IWC... Il faut dire que lorsque j’étais pilote dans la RAF, j’avais reçu en dotation une montre de cette manufacture. A la fin des hostilités, les britanniques m’ont laissé toute ma dotation vestimentaire, à l’exception de mon parachute et de cette montre. Quel dommage ! Bref, longue est la liste des marques que je représente, mais je suis le seul à faire mes choix quant à ces marques et quant aux modèles que j’achète. Il est hors de question de m’imposer un panel de montres tel qu’exigé par les marques. Je ne prends rien en dépôt. Je paie cash, donc je choisis. C’est ma règle et jamais je n’en dérogerai. Ainsi, par exemple, j’en viendrai à virer sans autre forme de procès Jaeger Le Coultre dont la politique commerciale me déplaît. D’autres suivront, à leur plus grand dépit.

Je me souviens qu’un jour, le représentant de Cartier, très sûr de lui, me pose la question :

« Quelle est chez vous la marque de bas de gamme ?
- Cartier. »


Tête du bonhomme …

Je n’ai pas omis d’inscrire à mon catalogue ma marque favorite : Zénith. J’étais et je demeure amoureux des Zénith. Ah ! j’ai aussi un faible pour les Panerai, pour un motif particulier. Je vais vous raconter l’anecdote : en 1945, au cours d’un stage en Écosse, je fais la connaissance d’un homme déjà célèbre : Lionel Crabb, le fameux homme-grenouille qui avait lutté, à Gibraltar contre les hommes de la « Decima MAS », les commandos de nageurs de combat italiens du Prince Borghese. Lorsque, après le retournement des alliances en 1943, ces combattants italiens rejoignent l’unité commandée par Crabb, celui-ci constate que leur matériel est bien supérieur à celui de la Navy et découvre, en particulier, les montres Panerai qu’ils utilisent. C’est lors de ma rencontre avec Crabb qu’il me fait découvrir cette montre. Il ne s’arrête pas là : il m’offre une combinaison de plongée italienne que j’ai utilisée pendant des années, avec d’autres, car j’ai pratiqué la plongée sous-marine jusqu’à beaucoup plus de 80 ans. Après quoi, j’ai offert tout mon mon matériel à la SNSM (Société Nationale de Sauvetage en Mer)

Bon, me voici encore reparti outre Manche ! Revenons en Bretagne et à nos montres. A mes montres : lorsque j’ai décidé de cesser mon activité commerciale, j’ai aussitôt vendu mes Rolex, mes Cartier et autres montres personnelles et je n’en conservé que quelques unes, essentiellement mes Zénith : trois ou quatre El Primero, que j’aime bien ; et une Vacheron Constantin, aussi ; une Blancpain, que j’ai donné à mon fils, qui ne la porte jamais…

Certes, j’aurais pu garder mes Rolex, en souvenir de l’accueil chaleureux que j’ai toujours connu lors de mes visites en Suisse, mais je détestais la spéculation sévissant déjà autour de cette marque. Je vous en donne un exemple :

Un jour je reçois deux Daytona, chacune des deux couleurs de cadran disponibles à l’époque. Peu après, un appel téléphonique me parvient de Milan, ce qui n’est pas la porte à côté !

« J’ai appris que vous aviez deux Daytona ?
-Oui. Comment diable savez-vous cela ?
-Par la maison, que j’ai contactée. Accepteriez-vous de m’en vendre une ?
-Bien entendu.
-Si je prends l’avion demain, vous me la gardez ?
-Évidemment. »

Surprise, dès le lendemain, mon Italien débarque ; Milan-Paris, Paris-Quimper, l’homme n’a pas perdu de temps ! Je lui remets sa montre.

« Me vendriez-vous la seconde ?
-Pourquoi pas ?
-Alors, je la prends également. »


Comme je refuse d’être payé avec une carte de crédit, l’homme fonce à une banque, revient un peu plus tard avec l’argent liquide, ce qui laisse à imaginer quelle pouvait être sa surface financière, me paie, attrape son colis et déclare, avant de franchir la porte :

« C’est un beau cadeau que vous m’avez fait. Je vais revendre immédiatement la seconde. Elle me paiera le prix des deux. »

écœurant ...mais parlons d'autre chose. Le café de votre épouse est délicieux. J'en veux bien un second. Où en étions-nous, déjà? Ah, oui! Rolex...

---
Je tiens beaucoup à ma montre, c'est mon Grand Père qui me l'a vendue sur son lit de mort (W. Allen)

basyl177
[image]

Paris,
16/12/22, 09:02

@ capitaine56

FEVRIER

Quelle joie de revoir un écrit signé du Capitaine !
Et quelle prose... on retourne 80 ans en arrière, comme si on y était !
Merci... et bon courage. :ok:

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Amitiés

Basyl177

Servius


15/12/22, 20:46

@ capitaine56

FEVRIER

Merci Capitaine, encore un récit qui promet…

Hâte de lire la suite !

gibus
[image]

La Rochelle,
15/12/22, 20:15

@ capitaine56

FEVRIER

Vivement la suite !
Merci Capitaine

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L'épreuve du courage n'est pas de mourir, mais de vivre.
[Vittorio Alfieri]

Montres1
[image]
Lagos - Nigéria,
15/12/22, 08:13

@ capitaine56

FEVRIER

Merci Capitaine, j'ai hâte de lire la suite !

strikeline
[image]

15/12/22, 00:48

@ capitaine56

FEVRIER

Un grand Merci Capitaine pour ce récit délectable. ;-)
Et courage pour le reste...!!!

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Il n'y a pas d'heure pour regarder sa montre....

neuf75 (Modérateur)
[image]

Page d'accueil Paris,
14/12/22, 23:24

@ capitaine56

FEVRIER

👍👍👍

Bon retour et vivement le second volet !

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Mon petit blog : http://les-montres.over-blog.com

Exupery (Modérateur)
[image]
14/12/22, 22:38

@ capitaine56

FEVRIER

Quel plaisir de te relire Capitaine, et avec un article de derrière les fagots qui commence bien! Le témoignage d'un Français pris pour un Canadien enrôlé à 18 ans dans la RAF... Les bombardements aveugles de Dresde et Hambourg... On attend avec impatience le reste, et comme dit Renaud, n'hésite pas à signaler s'il y a un souci pour la mise en ligne.

---
**Exupéry (Modérateur)**

renaud (Modérateur)
[image]

14/12/22, 22:21
(Modifié par renaud (Modérateur)
le 14/12/22, 23:06)


@ capitaine56

FEVRIER

Coucou Michel,

je suis ravi de te revoir ici-bas, bougon de Breton !!! Tellement content

Ton article est un beau début de roman dont j'attends la suite avec impatience!

Et s'il te plait enregistres tes écrits avant de les publier sur Word ou autre chose, n'hésites pas à envoyer ton texte aux modos pour voir si un mot "à la con" ne viendrait pas détruire ton œuvre et ton moral. On est là pour s'entre-aider.

Amitiés.

Renaud.

---
Je préfère une 100 mètres chez Rolex à une 200 chez beaucoup d'autres.

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