Philou1971
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Entre betteraves et champagne !,
28/11/18, 10:36
 

IWC Ingénieur 666A (Général)

Cela fait quelques temps, j’avais repéré chez un marchand italien une superbe International Watch Company, modèle Ingénieur, référence 666A, la première version, celle produite entre 1955et 1958… Je connaissais ce vendeur pour avoir déjà traité avec lui, je lui avais acheté il y a quelques années une Vertex Dirty Dozen (que j’ai revendu, une erreur !).
Mon problème majeur étant que je n’avais pas du tout l’argent pour l’acheter, je la reluquais sur écran en me disant qu’une montre comme ça, belle et rare, serait rudement bien à mon poignet…

Puis est née dans mon esprit (tordu ) l’idée de l’échange : la montre qui correspondait à peu près au tarif était ma Rolex Explorer 1, assez récemment achetée… En fait j’ai acheté la Rolex moins chère que le tarif affiché de L’IWC. Mais entre les augmentations délirantes tout à fait injustifiés des Rolex, et un tarif affiché toujours un peu négociable… Bref, nous nous sommes entendus rapidement !
(Merci à M. Andréa Marzari de LOROLOGIESE à Morcote pour cet accord !)

Certain penserons que je suis fou d’avoir fait ça, mais non, bien sûr que non : Demain, j’achète une autre Rolex Explorer 1, il y en a plus de 650 à vendre sur Chrono24… Il suffit d’avoir le budget, même pas drôle…
Mais des IWC Ingénieur ref 666A calibre 852, il n’y en a que 6… 100 fois moins ! Et là pour en avoir une belle, d’origine, tu as beau avoir trois fois le budget, ça ne change rien !

En fait l’échange m’arrangeait car j’obtiens une montre rare pour un tarif raisonnable, et le vendeur lui se sépare d’une montre plus longue à vendre et pourra revendre rapidement la Rolex, faisant tourner son affaire ! Nos deux logiques ne sont pas les mêmes mais elles ont été symbiotiques !

Enfin bref, le pourquoi du comment, c’est une chose, voici la belle :

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C’est une montre aux dimensions tout à fait actuelles : Ø36.5mm, Ø d’ouverture de 32mm, entrecorne en 18mm, hauteur totale de 44.5, épaisseur hors tout de 13.2mm et un peu plus de 10mm sans le plexi. C’est donc une montre assez épaisse pour une simple 3 aiguilles, proche d’un chrono… La rançon du double emboîtage de fer doux qui garantit la résistance magnétique et de la boite acier inox.

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C’est donc le premier modèle d’IWC Ingénieur, avec tous ses codes typique : elle n’a pas de date, elle a le premier calibre à système Pellaton ET spiral Breguet, le 852. Et petit détail subtil, il s’agit du cadran avec les deux points tritium à midi qui sont séparés par un point central…
C’est le genre de détails que les amateurs de Rolex aiment sur leurs montres : des minuscules et spécifiques détails sur le cadran, sur la police de caractère ou la position de tel ou tel éléments… Cela existe aussi dans d’autres marques !

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Les parties au tritium (points et aiguilles) de cette montre sont peut être au radium, il semble que les tout premiers modèles en ait été dotés… Par ailleurs les index ne sont pas en or sur cette version, ils ont une couleur cuivrée assez nette, peut être à l’origine un plaquage or rose ? Je ne sais pas, mais avec son cadran coquille d’œuf clair, c’est chouette !

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Le tritium (ou le radium ?) est encore bien visible après excitation à la lumière bleue, bien sûr ça ne dure plus vraiment que quelques minutes... Mais la nuit si je me réveille, il est encore possible de lire l’heure !

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Le numéro de série qui est gravé entre les cornes à 6h00 ne concerne que les versions aux calibres 852, 8521, 853, 8531, c’est-à-dire entre 1955 et 1967.

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La couronne avec son logo de poisson, symbole de l’étanchéité de la montre, initialement donnée pour 10ATM, soit 100m, ce qui est pas mal pour une couronne non visée…

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Le fond (vissé lui) a peu de littérature (la marque en toute lettre et le logo rond). Le boitier est en acier Staybrite, qui est la marque des aciers que l’on retrouve fréquemment sur les boîtiers de montres. L’acier utilisé est un Inox particulier à 0.05% de carbone, 12.5% de chrome et 12.5% de nickel. Un acier apprécié pour sa meilleure emboutabilité, et une bonne faculté au polissage.

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Le second fond, qui est fer doux, est l’une des trois parties de la montre qui donnent sa protection aux champs magnétiques à la montre (les deux autres sont le cadran et un anneau qui enserre le mouvement) :

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La résistance aux champs magnétiques est efficace jusqu’à 1000 Gauss… Ça ne vous rappelle pas une certaine Rolex ? Née à la même époque, en 1956 exactement, et résistante… à la même valeur de Gauss !

Le schéma :
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Crédit image : http://www.frizzellweb.com/larry/ingenieur/IngenieurBrochure.htm

Le sublime calibre au remontage si particulier, dans les deux sens de rotation de la masse oscillante, spiral Breguet, raquette de réglage micrométrique… :love:

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Il y a eu deux prédécesseurs au calibre 852 : en 1950, le premier ''Pellaton'' est le calibre 81 (petite seconde à 6h00) et le second, le calibre 85 (seconde centrale et spiral plat).

Sur mon IWC plus habillée, ou vous pourrez voir le calibre 853 (donc le quatrième de la génération !)
Concrètement je ne connais pas les différences entre les 852 et les 853. Il doit y avoir des modifications, en vue de fiabiliser le mouvement.

Photos de sœurs de sang :
IWC automatic calibre 853 de 1960 et IWC Ingénieur calibre 852 de 1955 :

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Et photos de sœurs de cœur :
IWC Ingénieur calibre 852 de 1955 et Certina DS calibre 25-45 de 1959 :

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La protection de l’IWC est plus axée sur le magnétisme, celle de la Certina sur les chocs, mais ce sont deux montres techniques et emblématique d’une époque de progrès et de grande vitalité !

Et pour conclure, en situation, elle claque quand même bien !

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Et sur un maille milanaise :

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Une montre intemporelle, classique et sportive, exclusive… Ben c’est Noël avant l’heure !!


:waving:

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Impossible de vous donner l'heure : Elle change tout le temps ...

oetzi

28/11/18, 10:39

@ Philou1971
 

IWC Ingénieur 666A

"Puis est née dans mon esprit (tordu ) l’idée de l’échange : la montre qui correspondait à peu près au tarif était ma Rolex Explorer 1".

J'aurais échangé moi aussi, cette Explorer vue et revue,contre cette Ingénieur :ok:

Superbe,vraiment…!

Montres1
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Copenhague - DK,
28/11/18, 11:50

@ oetzi
 

IWC Ingénieur 666A

» "Puis est née dans mon esprit (tordu ) l’idée de l’échange : la montre qui
» correspondait à peu près au tarif était ma Rolex Explorer 1".
»
» J'aurais échangé moi aussi, cette Explorer vue et revue,contre cette
» Ingénieur :ok:
»
» Superbe,vraiment…!

Je plussoie ! A vrai dire, je la trouve encore mieux sur le bracelet en mailles milanaises !! :love:

Belle prise, que de belles pieces tu nous presentes !

Karote

28/11/18, 12:35

@ Philou1971
 

IWC Ingénieur 666A

Belle montre! Et j'aime beaucoup cette démarche d'échange pour obtenir un modèle rare! Moralité : gardez vos Rolex elles serviront toujours un jour pour obtenir une belle montre :lol3:

autrichongris
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28/11/18, 16:13

@ Philou1971
 

IWC Ingénieur 666A

Bravo pour ce trade Rolex/IWC. Quand il y a de la passion, il y a du bonheur (et de la douleur aussi parfois)... Et chez Rolex, y a plus que de l'argent :lookaround:

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Je déteste deux choses: l'analyse et le pouvoir. Sviatoslav Richter

victorkill

28/11/18, 16:24

@ Philou1971
 

IWC Ingénieur 666A

bonjour et toutes mes félicitations pour cette acquisition.
Je ne suis pas familier du radium et du tritium mais j'ai été surpris que la matière des aiguilles et du cadran réagisse à la lumière noire.

Quelqu’un aurait une vulgarisation technique à proposer car dans mon esprit seules les luminova et dérivés réagissaient à cette "excitation" ?

merci

Philou1971
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Entre betteraves et champagne !,
28/11/18, 19:04

@ victorkill
 

IWC Ingénieur 666A

He bien en fait, je ne sais pas exactement pourquoi la lumière noire réanime le tritium ou le radium… Ce dont je suis sûr c’est que cela fonctionne sur presque toutes mes montres anciennes au tritium, mais c’est fugitif, quelques minutes…

Le fonctionnement des deux matières radioactives est similaire, et l’émission de lumière n’est possible qu’en associant ces produits avec d’autres qui sont des pigments phosphorescents tel que le sulfure de zinc. En fait les pigments sont excités par la radioactivité.
Le radium a été abandonné car très radioactif (environ un million de fois plus que l’uranium à l’état naturel). Le tritium lui a donc succédé car beaucoup moins radioactif, et en plus dans une gamme de rayonnements dit Alpha (arrêtés par une feuille de papier ou un verre de montre bien sûr !). Son inconvénient majeur étant sa période de demi vie de 12 ans (contre 1600 ans pour le radium !).
En d’autre terme, tout les douze ans, la radioactivité émise donc la lumière (je pense que c’est proportionnel) est divisée par deux tous les 12 ans.
C’est une des raisons qui ont données lieu à des recherches qui ont aboutie au luminova, puis superluminova (reservé à l’horlogerie au contraire du simple luminova), le Lumibrite chez Seiko et le Chromalight chez Rolex. Là le principe est celui de l’accumulateur, la lumière est stockée puis restituée. Je ne rentre pas dans le détail que je ne connais pas bien, des histoires de changements d’états vers des niveaux supérieurs d’énergie (brillance) puis de retour à l’état initial (plus de brillance). Moi je suis un physicien mécanicien, pas nucléaire !

Pour conclure et finalement répondre à la question : Je suppose que ces sont les pigments phosphorescents qui sont excités par la lumière et réagissent de la même façon que le luminova et consorts…

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Impossible de vous donner l'heure : Elle change tout le temps ...

victorkill

28/11/18, 20:07

@ Philou1971
 

IWC Ingénieur 666A

Ok, merci pour ces explications.
Je me coucherai moins bête et j’aurai donc passé une bonne journée 😁

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