L&S Saxonia 37 mm (Revues & Essais)

posté par regulateur , 08/01/17, 13:55
(Modifié par regulateur le 08/01/17, 14:36)

Bonjour a tous,
Tout d’abord, j’adresse tous mes vœux de bonheur et de santé pour cette nouvelle année à tous les chronomaniaques. Que 2017 vous apporte tout ce que vous espérez et comble toutes vos envies horlogères.
Je souhaiterai également profiter de cette revue pour vous dire que je suis accroc à Chronomania depuis un certain temps et je ne me lasse pas de lire la prose de tous les contributeurs. Merci à tous pour tous les bons moments que je passe en votre compagnie.
Aujourd’hui, je vous présente une montre de chez Lange & Söhne qui a été une vraie révélation lorsque mes obsessions horlogères se sont concentrées sur un type de montre en particulier. En effet, après avoir acheté et revendu un certain nombre de « garde-temps plus ou moins iconiques » (:-D ) , je ne suis plus intéressé que par des montres « simples » dotées de 3 aiguilles avec petite seconde à 6 heures. Je trouve que cette configuration offre une sorte d’équilibre parfait qui ravi à chaque fois mon œil de néophyte.
A présent, ma recette du cocktail horloger parfait est assez simple : il faut 3 aiguilles, ajouter une pincée de diamètre contenu (37 à 39 mm), ajouter un zeste d’épaisseur raisonnable (8 à 10 mm). On doit y mettre éventuellement un peu de métal précieux, une pincée de délicatesse au niveau du cadran, une douzaine d’index joliment facettés….et le bonheur n’est plus dans le pré mais au poignet. Cependant, la production horlogère actuelle tend vers des diamètres et des complications de tous ordres peu compatibles avec mes envies de simplicité.
Trêve de digressions et passons maintenant a l’examen de cette Saxonia.

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Le packaging :
La présentation de cette Saxonia n’est pas très glamour. On retrouve les codes esthétiques un peu ternes de la marque de Glashütte, tant au niveau de l’écrin que des papiers qui prennent la forme d’un petit classeur contenant 2 livrets : le manuel d’utilisation et le carnet de garantie. L’emballage n’est évidemment pas si important que cela, mais une présentation plus soignée de la montre ne pourrait que renforcer l’appartenance de Lange & Söhne au monde de l’horlogerie « HH » (qui d’ailleurs au passage devient de plus en plus flou au travers de la liste parue en juin de l’année dernière par la FHH au travers de son livre blanc : j’ai d’ailleurs revendu plusieurs montre HH sans le savoir ….:lol2: )
Bref, l’important est plus le contenu que le contenant …...

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Tout d’abord le recto de la montre…
Sur le papier, cette Saxonia de 37 mm de diamètre pour une épaisseur de 7,7 mm semble un peu « fluette ». Mais en réalité, une fois sur le poignet, la forme de la lunette augmente l’ouverture du cadran et la montre paraît bien plus grande. D’ailleurs, l’essai simultané de 2 autres versions de la Saxonia (automatique en 38,5mm et plate en 40 mm) m’a définitivement convaincu que le modèle en 37 mm était amplement suffisant….. pour le poignet que je possède bien sûr.
Ce qui frappe au premier abord dans cette livrée est la parfaite harmonie entre ce cadran argenté présentant une texture poudrée et la couleur vraiment délicate de l’or rose utilisé par Lange & Söhne. Je trouve que la plupart des ors roses « tirent » trop vers le rouge. Dans le cas présent, ce boitier aux dimensions réduites combiné à cette couleur si particulière flatte vraiment l’œil, sans être trop ostentatoire. Je trouve même que cette montre est plutôt discrète, ce qui me va plutôt bien.

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L’autre point crucial pour ma part en dehors du diamètre est la position sur le cadran de la trotteuse. Dans le cas présent, celle-ci ne vient pas « mangé » l’index situé à 6 heures et qui se trouve donc être de la même longueur que les 11 autres. L’harmonie du cadran me semble être donc mieux préservée à cet égard. C’est bien sûr une affaire de goût car la proximité de cette trotteuse avec les aiguilles heures/minutes en rebutera d’autre. Ma première revue sur chronomania était consacrée à une grande Lange 1 qui présente la particularité de n’afficher aucune symétrie au niveau du cadran. Cette Saxonia se situe exactement à l’opposé de cette philosophie.

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De prime abord, le cadran semble simple et même un peu épuré. Mais plus vous le regardez et plus vous ressentez l’harmonie qui s’en dégage. Cela est dû a un assemblage de petits détails qui le rendent vraiment très séduisant.
En tout premier lieu, les aiguilles glaives possèdent la forme et la taille idéales. Elles sont en or et possèdent une finition poli brillant qui vient en parfait contrepoint du cadran poudré. Cette « association contrastée » est vraiment parfaite. Et pour ne rien gâcher, l’aiguille des minutes s’arrête exactement au bon endroit au regard de la position du « ½ chemin de fer » et l’aiguille des heures quand à elle fait de même vis-à-vis des indexes.
Les indexes appliqués sont également en or rose, possèdent 8 facettes et reçoivent une finition poli miroir qui capturent la lumière quel que soit l’angle. Ceux-ci viennent s’intégrer à la minuterie semi-ouverte (ce que j’appelle le ½ chemin de fer certainement de façon impropre) par l’intermédiaire de « points » également poli miroir. Ce détail, qui ne saute pas aux yeux au premier abord, confère au cadran une véritable élégance.
Le sous-cadran de la petite seconde offre un discret contraste visuel de part sa différence de niveau d’avec le cadran principal et également par le discret guillochage circulaire dont il est pourvu. L’aiguille de la petite seconde quant à elle reçoit à l’une de ses extrémités une élégante « pointe de flèche » évidée. Encore un petit détail mais qui concoure à l’harmonie générale du cadran.

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En dernier lieu, le cadran reçoit l’inscription traditionnelle en arc de cercle et en lettre noire « Lange & Söhne » Juste au dessous, le rappel de l’origine saxonne de cette manufacture se fait par l’inscription « Glashütte I/SA » (Glashütte en Saxe). Un « made in Germany » très discret en bas du cadran compléte l'ensemble.

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Le boitier en 3 parties reçoit quant à lui un polissage intégral. Les cornes soudées sont discrètes et leur forme concoure à rendre cette montre extrêmement confortable au porté. Et le poids de l’ensemble n’est d’ailleurs certainement pas étranger à cela non plus : 58 grammes (balance de cuisine non homologuée « poids et mesure »). La couronne quant à elle reçoit l’inscription « A. Lange & Söhne ».

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Dans une précédente revue, j’évoquai la notion de « nombre d’or » qui appliqué aux montres, pourrait être le résultat du rapport entre le diamètre du boitier sur son épaisseur. Le simple constat que je dresse sur les 2 montres que je possède et qui me font « vibrer » à chaque fois que je les ausculte est que ce chiffre tangente les 4,80.
- Saxonia en 37 mm de diamètre sur une épaisseur de 7,7 mm, soit un rapport égal à 4,80
- Vacheron-Contantin traditionnelle en 38 mm de diamètre sur une épaisseur de 7,9 mm, soit un rapport égal à 4,81

Bien sûr, ces pseudo calculs « scientifiques » ne prouvent rien, j’essaye juste de trouver une explication pertinente.

Passons au verso à présent.
Cette Saxonia est équipée du calibre L.941.1 qui est à remontage manuel et dont je souhaite souligner la douceur d’utilisation: c’est une pure merveille. Aucune de mes autres montres ne se montre aussi agréable à remonter.
Ce calibre possède une réserve de marche de 45 heures par l’intermédiaire d’un seul barillet. Il comporte 164 composants, 21 coussinets rubis dont 4 dans des chatons en or vissés. A l’instar de nombreux mouvements chez Lange & Söhne, ce calibre est équipé d’une platine trois-quarts destinée à assurer une plus grande stabilité du mouvement. La conséquence directe est que peu de composants du calibre sont visibles ce qui est un peu frustrant…mais ce qui reste visible à l’œil permet cependant d’être rassasié.
La partie la plus visible de ce calibre est donc la platine ¾ qui est en maillechort appelé aussi « German silver ». Alors que la plupart des calibres présentent une couleur argent plutôt froide, le maillechort (certes à dominante argentée) offre des reflets dorés qui lui donne une chaleur visuelle assez incomparable.
Après avoir contemplé les côtes de Glashütte, l’œil est inévitablement attiré par le pont de balancier mis en valeur par une gravure exécutée à la main avec à sa suite le balancier avec son spirale.
L’ensemble du calibre se trouve magnifié par des touches de couleur que sont les chatons en or polis miroir fixés à l’aide de vis bleuies, les rubis grenats et l’ensemble de la littérature en écriture dorée. Par ailleurs, à l’instar du peu de composants visibles, les anglages de la platine trois-quarts sont parfaits et ne souffrent d’aucune critique. Ce que je peux simplement dire, c’est qu’après 3 ans, je ressens toujours le même plaisir à contempler les détails de cette montre.
Concernant le fonctionnement propre du calibre, il n’y a rien à dire. Il est d’une précision redoutable et cette Saxonia ne « dérive » quasiment pas. Lors de son achat il y a maintenant 3 ans, je l’avais testé au long-cours sur une dizaine de jours et elle a alors affiché une dérive très honorable de +10 secondes….autant dire rien.

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Et pour finir, le bracelet.
Cette Saxonia est équipé d’un bracelet en crocodile mat dont la couleur bordeaux/marron très foncé un peu austère se combine parfaitement à l’or rose du boitier. Il reçoit une surpiqure orange foncé qui le « rehausse » de façon très subtile. (C’est juste un détail, mais cela fait la différence) Une simple boucle ardillon en or rose gravé d’un Lange en lettre majuscule vient compléter l’ensemble.
Ce bracelet est confortable et la peausserie ne soufre également d’aucune critique, même si Vacheron-Constantin fait encore mieux en la matière.

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En dernier lieu, cette montre me procure un immense plaisir chaque fois que je la porte et je ne m’en lasse pas. Mes goûts en matière d’horlogerie se sont un peu figés et cette Saxonia répond à la perfection à mes attentes. Je suis tout à la fois rassasié et aussi un peu frustré de ne plus ressentir/subir de « CHI »…… Peut-être deviens-je sage à maintenant plus de 50 ans.
A bientôt.
Cordiales amitiés horlogères à tous.
JP
Une dernière chose, l’inévitable wristshot de fin de revue :

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